« Guêpes qui se nourrissent de la sève »

 

Rien d’étonnant si les premiers résultats de recherche sur Google et autres moteurs de recherches soient  « comment tuer, éliminer, lutter, éloigner… » …ces petites guêpes. Cependant, notre approche diffère en ce sens que nous devrions plutôt « faire avec » que « lutter contre ».

 

Quels rôles jouent-elles ? Et pourquoi devrions-nous trouver un mutualise ?

 

Les raisons sont multiples, étonnant non ? Premièrement, les guêpes sont d’excellents insecticides, et oui, qu’elles soient sociales ou solitaires, elles nous débarrassent en quantité considérable, des insectes nuisibles aux jardins, parcs et potagers. Elles font donc partie d’un écosystème bien cadré et sont une alternative durable aux pesticides.
Certaines espèces de guêpes vont jusqu’à parasiter directement des araignées ou encore des chenilles. Elles les utilisent pour y pondre leurs œufs. Une fois ces œufs éclos, les larves se développent à l’intérieur de leur hôte et s’en nourrissent.

Deuxièmement, les guêpes adultes butinent certaines fleurs pour se nourrir de leur nectar. Elles participent donc à la pollinisation.

Notez ensuite leur importance pour les vignerons ; l’estomac de ces guêpes est un lieu parfaitement adapté au développement de champignons utilisés pour la fabrication du vin, de la bière et du pain, c’est le cas, par exemple, du champignon saccharomyces cerevisiae. Enfin, certains oiseaux, comme le guêpier, se nourrissent de ces insectes.

En définitive, nous avons bien plus de raisons d’en prendre soin, et de les nourrir, que de les tuer. Il existe encore beaucoup d’autres exemples de mutualisme naturel qu’apportent les guêpes, nous terminerons sur celui des agaonidés,également appelées guêpes du figuier. Où la plante et l’insecte sont totalement dépendants l’un de l’autre, une seule espèce d’Agaonidae ne pouvant polliniser qu’une seule espèce de Ficus.

 

Comment expliquer leur augmentation numérique récente ? Est-ce un danger ?

 

Et non, ce n’est pas qu’une impression ! Il y a effectivement un accroissement numérique.
Cet accroissement est en réalité dû au temps très doux que nous avons eus durant l’hiver, ainsi qu’aux périodes chaudes (très chaudes) de cet été.
Nous faisons donc face à celles et ceux ayant survécus à l’hiver mais également à celles qui viennent de naître.
En somme, nous cohabitons avec deux générations ! Merveilleux non ?
La diminution des pesticides y est aussi pour quelque chose. Et ça, c’est plutôt une bonne nouvelle !

 

Si les guêpes avaient l’abondance de nourriture ?

 

Si nous partagions avec elles ? Pourrions-nous leurs apporter l’abondance au fond du jardin sans qu’elles ne viennent nous embêter ? Quelles seraient les solutions possibles et durables ?

Comme tout être vivant, l’abondance de nourriture délocalisée (morceaux de viande, insectes, miel, sucre et fruits en décomposition) serait une solution pour les éloigner. Il suffirait de poser, au fond de votre jardin, des petits abreuvoirs et « assiettes » destinés à ces insectes.

Les guêpes souffrent, en effet, d’un manque de ressource, de nourriture à tel point qu’elles doivent se ruer sur les branches et troncs coupés afin d’absorber les sucres contenus dans la sève des arbres. De ce fait, elles ne viendront plus vous importuner lors de vos repas. D’où une diminution du risque de piqûres !